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jeudi 3 septembre 2015

Maine de/by J. Courtney Sullivan

Avant de tomber sur Maine, je venais de lire par hasard un article sur la "bibliothérapie" dans Elle. Bien que je trouve complètement idiot d'en faire un article en présentant la chose comme un mouvement nouveau (après tout l'être humain lit et écrit depuis des siècles et nous avons tous lu des livres qui nous ont marqués ou faits avancer), j'adhère malgré tout à l'idée de bibliothérapie et celle-ci est restée ancrée en moi pendant toute la lecture de ce roman. Si l'on part du principe que lire des romans permet de répondre à nos questionnements, de nous positionner par rapport à certaines situations, de réagir ou imaginer notre réaction face à des comportements que l'on retrouve dans notre réalité, alors oui, Maine est bibliothérapeutique.

Lorsque je lis un livre, je suis souvent dans une situation d'empathie envers les personnages (j'aime d'ailleurs moins les livres où je n'ai pas pu rentrer en "relation" avec le personnage principal), voire je me mets à leur place en essayant d'imaginer ce que j'aurais ressenti, pensé, comment j'aurais agi face à ce qu'ils sont confrontés. C'est ce qui s'est passé avec Maine - comme avec Les Débutantes d'ailleurs (également de J. Courtney Sullivan). Cette auteure réussi à créer des personnages forts, aux personnalités marquées par la vie, leur éducation, leur environnement et que l'on approche à travers des romans polyphoniques.

Attirée par la Côte Nord-Est des États-Unis, le style de vie, l'ambiance et les paysages, j'avais depuis longtemps envie de lire Maine et l'ai vu par hasard en allant chercher d'autres livres à la bibliothèque: il était mis en évidence à l'entrée parmi les romans à consonance "vacances". Dans Maine, on traverse sur quelques semaines des portions de vie de femmes d'une même famille mais issues de différentes générations. Elles se retrouvent dans la maison de vacances familiale située dans le Maine (évidemment), où passé et présent s'entrechoquent pour chacune.

Pourquoi ce concept de bibliothérapie m'est-il resté en tête? Ai-je lu tout le livre à travers ce même prisme? Dans tous les cas, le comportement des personnages ne m'est pas resté indifférent. Mais finalement, ne peut-on pas dire que chaque roman est thérapeutique? Est-il possible de lire un livre de façon passive, de ne rien ressentir? Ne réfléchit-on pas toujours sur ce que l'on lit/vient de lire, même inconsciemment? Je ne peux pas croire que l'on absorbe rien d'un livre lu. Je considère d'ailleurs qu'offrir un livre à des amis est un geste fort (s'il ne s'agit pas d'un livre à la mode mais de quelque chose que l'on choisit pour eux), un acte à ne pas prendre à la légère: que vivent vos amis quand vous leur offrez le livre? quel message voulez-vous faire passer? que voulez-vous qu'ils en retirent?

De mon côté, Maine a été une lecture assez forte et a élargi ma palette de sentiments (ce qui est en général la conséquence de mes lectures), tout en m'offrant une perspective de tolérance envers ceux qui m'entourent et l'envie de ne pas les juger trop vite car on ne sait jamais ce qu'ils vivent ou ont vécu.

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Before finding Maine, I had just read by chance an article about "bibliotherapy" in Elle magazine. Even though I found completely stupid to write an article about it with the point of view that it was a novelty (after all, humans have read and write for centuries now and we all have read books which imprinted on us and pushed us forward), I still concur with the idea of bibliotherapy and it stuck with me during the reading of this novel. If you agree that reading novels allows to answer our questions, to position ourselves towards some situations, to react or imagine our reaction towards behaviors that one finds in her/his real life, then yes, Maine was bibliotherapeutic.

When I read a book, I am always in a situation of empathy towards the characters (I actually do not like books which do not give me the opportunity to empathize with the main character), or I even put myself in their place trying to imagine what I would have felt, thought, how I would have acted faced to what they face. This is what happened in Maine - as well as with Commencement  (also by J. Courtney Sullivan). This author succeeds in creating strong characters, whose personalities bear the marks of their education, environment and who we approach through polyphonic novels.

Attracted by the East Coast of the US, its lifestyle, the atmosphere and the landscapes, I long wanted to read Maine and by a coincidence I saw it when going to borrow other books at the public library : it was showcased with other books under the "summer holidays" description. In Maine, we go through a small portion of women's lives, from a same family but different generations. They meet at the family vacation house (in Maine, obviously), where past and present clash for each of them.

Why did this concept of bibliotherapy stayed in my mind ? Did I read the whole book through this prism? In any case, I did not remained indifferent to the characters' behavior. But in the end, can't we say that each book is therapeutic? Is it possible to read a book in a passive way, to feel nothing? Don't we always think about what we read/have read, even unconsciously? I cannot believe one absorbs nothing from a book. I even consider that giving a book to friends as a present is a strong gesture (if it is not an "it" book but one that you truly select for them), an act not to be taken lightly: what are you friends living through when you give them the book? What message do you want to convey? What do you want them to experience and remember from the reading?

To me, Maine was quite a powerful read and broaden my range of feelings (this is in general the consequence of my readings), while offering me a perspective of tolerance towards those surrounding me and the wish not to judge them too quickly because one can never know what they are going/went through.


http://jcourtneysullivan.com/wp-content/uploads/2011/05/maine_cover.jpg


Quotes:
- The problem was that you couldn't divide a person up, pick and choose the parts you liked and the parts you didn't. (p.117)
- She thought that this was the worst part of grieving - the limbo phase when the person you love most is still there in front of you, but you know he won't be for long. (p.186)
- She blamed the xo on chardonnay. She blamed the whole thing on chardonnay. (p.272)


lundi 31 août 2015

Vacances bretonnes // Breton summer holidays

Un temps mitigé comme souvent mais au final j'adore la texture que les nuages donnent aux clichés. Un ciel bleu c'est quand même un peu ennuyeux, non?













jeudi 27 août 2015

A la dérive // Cobwebs from an Empty Skull de/by Ambrose Bierce

Quel recueil particulier de petites fables! Uncle D. a encore frappé fort en m'offrant ce livre à mon anniversaire.

J'ai pour habitude de ne pas être très intéressée par les introductions écrites par des académiciens/critiques/autres écrivains mais là il faut avouer qu'elle était nécessaire car qui connaît Ambrose Bierce et ses chroniques? Contemporain de Mark Twain et auteur du Dictionnaire du Diable, cet écrivain satiriste et éditorialiste américain puise son inspiration à la fois dans le folklore américain et dans la vie européenne. Les histoires recueillies dans cet ouvrage parodient les contes classiques de façon humoristique, et l'absurde y côtoie parfois le surréalisme, avec toujours beaucoup de fantaisie.

Évidemment, chaque nouvelle a sûrement un sens caché car en paraissant dans la revue satirique anglaise Fun elles ont toutes été ancrées à l'époque dans un contexte socio-politico-économique particulier. Je me suis cependant contentée de lire sans tenter de trouver les clés permettant de déchiffrer le message derrière chacune des nouvelles. Cette lecture premier degré m'a toutefois beaucoup plu.

Nous ne sommes que fin août mais A la dérive sera à coup sûr le livre OVNI de mon année de lecture. Piment dans le flux littéraire plutôt tranquille et redondant auquel je suis habituée, il est un véritable coup de coeur.

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What a curious collection of short fables! Uncle D. stroke genuisly again when he gave me this book for my birthday.

When reading a book, I tend to skip the introduction texts written by scholars/critics/etc but in this case one must admit that it was necessary because who knows about Ambrose Bierce and his columns? Contemporary of Mark Twain and author of The Devil's Dictionnary, this satirist and editorialist drew his inspiration both from the American folklore and European life. The stories collected in this publication make a mockery of classical tales in a humorous way, and the absurd mixes with surrealism, while always maintaining a lot of imagination.

Of course, each short story surely has a hidden meaning and they were all anchored in a social-political-econmical context when they were published in the satirical English magazine Fun. But I was content to read without trying to find the key unlocking the messages behind the words. Actually, I still enjoyed this first degree reading.

We are only at the end of August but Cobwebs from an Empty Skull will surely be the UFO book of my reading year. It spiced up the normally quiet and redundant literary flow that I am used to - it is a real "coup de coeur".

http://laccoudoir.com/wp-content/uploads/2014/11/A-la-derive-Ambrose-Bierce.jpg


Citations:

- Sur son visage, se lisait la lutte sans merci que se livraient en elle l'audace, la ruse et l'avarice. (p.29)

- Il était clair que Charlie s'était engagé sur la voie royale qui mène du berceau à l'hospice des pauvres et qu'il semblait apprécier la promenade. (p.38)

- Cet homme était un Hollandais de Pennsylvanie, une étrange créature chez qui la choucroute a remplacé le bon sens depuis plusieurs siècles. (p.43)

- Vers le milieu du XVe siècle, Simprella Whiskiblote, une jeune fille ravissante mais fâchée avec la mode, vivait dans un coin perdu de la Forêt-Noire. Elle avait le monopole de son prénom mais devait partager l'usage de son patronyme avec son père. (p.55)


dimanche 9 août 2015

Cake à la banane // Banana bread

Pour la petite histoire, invitée à un apéro, j'avais décidé de faire un roulé chocolat-caramel beurre salé et utiliser ainsi pour la première fois la plaque en silicone que Maman C. m'a offerte pour mon anniversaire. Le DESTIN (oui, allons-y franchement) en ayant décidé autrement, il s'est avéré que la plaque en silicone pour la génoise ne rentrait pas dans mon petit four. Et, effectivement, si vous vous posez la question, non, je n'avais pas jusqu'à maintenant vérifié la taille de la plaque. C'est donc peut-être moins le destin que mon propre manque de jugement qui m'a mise dans cette situation mais PASSONS.

En désespoir de cause (non, je ne baisserai pas l'intensité dramatique de cette histoire), je me suis dit que je ferai un 4/4 (pas un quatre-quatre mais un quatre quarts, on est d'accord). Clairement l'excitation accumulée dans les 48h pré-roulé est retombée comme un soufflé. Et puis finalement j'ai trouvé des bananes et des noisettes dans ma cuisine donc je me suis dit que je ferai un 4/4 à la banane. J'ai pesé 3 œufs et adapté ensuite les quantités (au final, ce n'était plus vraiment un 4/4 mais bref!). Je n'ai pas eu le temps de prendre des photos donc imaginez un cake absolument magnifique, cela devrait faire l'affaire.

Ingrédients:
- 2 bananes bien mûres
- 150g de sucre
- 3 œufs
- 125g de beurre
- 170g de farine
- 1/2 sachet de levure
- 1 cuillère à café de cannelle
- une douzaine de noisettes écrasées

1. Écraser les bananes, rajouter le sucre et bien mélanger
2. Ajouter les œufs, la moitié de la farine, la levure, puis le beurre fondu
3. Mettre le reste de la farine, la cannelle et les noisettes
4. Verser la pâte dans un moule à cake beurré
5. Mettre au four préalablement chauffé à 160°C pendant environ 30-40 minutes (mais cela dépend de votre four - pour vérifier la cuisson plonger un couteau dans le gâteau, la lame doit ressortir sans pâte accrochée dessus)
N.B.: les gâteaux ou biscuits à base de banane cuisent moins vite, donc ne pas mettre la température du four trop haute pour éviter que le dessus et le dessous ne brûlent alors que l'intérieur n'est pas cuit.

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For your information, I was invited to a party at a friend's house so I had decided to bake a jelly roll (but instead of jam I wanted to put a spread of chocolate/salted caramel) and to use for the first time the silicone baking sheet that Maman C. gave me for my birthday. But DESTINY (yes, let's be dramatic) had other plans since it happened that the silicone sheet did not fit in my little oven. I can hear you and you are right, how come did I not yet check beforehand if it fitted? So maybe it is less about destiny than about my poor lack of judgement that I got there. But ANYWAY.

Out of desperation (no, the drama intensity of my story will not decrease), I decided to do a pound cake. At this point, the excitation that had built up for the last 48 hours at the idea to bake a chocolate roll kind of tumbled. Then I found some bananas and hazelnuts in my kitchen, which lead me to the idea to bake some banana bread. I weighed 3 eggs and adapted the quantities of the ingredients (so in the end it was not really a pound cake but whatever). I did not take the time to snap some pictures so you will just have to imagine an incredibly beautiful and yummy cake, which, let's be honest, it really was!

Ingredients:
- 2 very ripe bananas
- 150g of sugar
- 3 eggs
- 170g of flour
- 125g of butter
- 1 teaspoon of baking powder
- 1 teaspoon of cinnamon
- a dozen of crushed hazelnuts

1. Mash the bananas with the sugar, add the eggs
2. Add half of the flour, the baking powder and the butter
3. Add the remaining flour, the cinnamon and the hazelnuts
4. Pour the batter in a bread tin (loaf pan?)
5. Bake in a pre-heated oven at 320°F for around 30-40 minutes (or until the blade of a knife exit clean from the cake)
N.B.: batter with bananas always takes more time to bake so be sure not to set too high of a temperature in order to avoid burning the bottom and the top while the inside is not baked.


Bon appétit!


vendredi 7 août 2015

Paris-Breizh, par Anne-Sophie Cloarec

Sans surprise, un livre avec un tel titre déposé en évidence à l'entrée de la Maison de la presse de ma ville de vacances en Bretagne ne pouvait qu'attirer mon regard et exciter ma convoitise! Une Bretonne de 25 ans quittant sa ville pour monter à Paris faire son stage en 2012? Euh, est-ce ma biographie?! Presque. En plus drôle, avec des personnages au physique plus avantageux, une famille plus classique et dans un autre domaine professionnel que le mien... Ok, je me suis peut-être auto-identifiée un peu trop vite.

Clairement, si vous n'êtes pas breton, voire même plutôt bretonne, passez votre chemin. On reste sur un public lecteur très ciblé! Pour ma part, j'étais pile dans la cible et j'ai bien ri, même si la fin m'a laissée sur ma faim (ha ha!)((mot-dièse humour)).  Finalement, c'est peut-être aussi bien de ne pas avoir une fin définitive et un cliché, non? Léger mais pas si superficiel qu'on pourrait penser, je me suis bien amusée.

A noter: le livre est imprimé en Bretagne et édité par Skol Vreizh, une maison d'édition bretonne.


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Extraits
- [...] Paris reste une aventure, pour ceux qui ont le courage de partir, mi-héros, mi-traîtres. (p.28)

- Je serai toujours une gourdasse Bécassine, spectatrice d'une culture qui ressemble vaguement à la mienne [...]. Je devrai faire avec l'austérité, la froideur et la rigide discrétion de mes ancêtres. (p.60)

- Dans quelques secondes, ces cerbères du luxe vont se rendre compte que je n'ai rien à faire ici et m'expulser à coup de Louboutin dans le cul: "Et ne reviens plus jamais, paysanne, vilaine, paour-kaezh!" (p.151)((paour-kaezh veut dire pauvresse))

- Les gens de gauche sont chiants à se vanter, ils se plaindront bientôt quand rien ne sera comme ils rêvaient. Les gens de droite sont plus discrets, honteux de ne penser qu'à eux. (p. 161)

- Elle oppose le plus grand raffinement physique à la plus grande vulgarité langagière: chose étrange que de voir cette nymphette jurer comme une consommatrice régulière de végétaline Lidl. (p.188)

- La stagiaire nouvelle est arrivée! Elle s'appelle Wendy, un prénom à rester stagiaire toute sa vie. (p.200)

- Tu pues le savon. (p.225)

- Se baigner dans un lac, manger des poissons d'eau douce, sentir la vase enrober mes pieds ; toutes choses que mon hérédité m'interdit. (p.229)

- Dans le XVIIIème, j'ai peur à jamais. On ne peut pas avoir été élevée sur les dunes et dans le vent et ne pas avoir peur, ici. (p.238)

- En vomissant ses crêpes, sur le bateau du retour, Goran a conclu que mon pays était "beau, mais pas facile", ce qui est une définition acceptable pour un étranger. (p.267)

- Il ne faudrait jamais quitter la Bretagne, parce qu'il est trop douloureux d'y revenir. (p.278)