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jeudi 25 juin 2015

La grâce des brigands de Véronique Ovaldé

Il est difficile de savoir excatement ce qu'un livre va nous réserver, à moins que ce soit un livre faisant partie d'une série et écrit par le même auteur.

Dans le cas de La grâce des brigands, je ne savais pas à quoi m'attendre. Il avait été mentionné dans de nombreux magazines que je lis, et j'avais même vu deux personnes dans le métro le lire à des moments différents (chose rare car je ne vois jamais personne dans le métro lire des livres que j'ai déjà lus ou envie de lire), ce qui avait définitivement piqué ma curiosité. Et puis comme d'habitude, il semble que le résumé qu'en font les journalistes ou même le résumé au dos du livre lui-même ne colle pas avec le contenu. Pas un décalage au niveau de l'histoire mais plutôt dans la façon de décrire une intrigue mais pas son écriture. Pour La grâce des brigands, le résumé est très terre à terre, normal, trivial et sommaire. En lisant le roman, on se rend vite compte que le résumé n'est pas à la hauteur de la prose et ne correspond en rien au style de l'auteur.

Oui, les différentes choses décrites dans le résumé ont effectivement lieu dans ce roman, mais nous n'avons aucune prise sur ce qui se passe, on glisse à travers les évènements. C'est un peu comme si on observait des rouleaux d'images, tels ceux qui défilaient derrière des personnages en voiture dans des vieux films pour nous faire croire que les personnages conduisaient; ou c'est aussi comme si justement nous étions en voiture à regarder un paysage magnifique défiler sans pouvoir nous arrêter.

Le roman n'a pas d'intrigue palpitante (la vie d'une jeune auteur à succès est retracée dans ses grandes lignes - du départ de sa maison d'enfance jusqu'à un évènement familial), mais il offre une belle écriture, intense, singulière et qui m'a fait me sentir agréablement élevée grâce à une prose légèrement poétique et parfois cocasse. En bref, une jolie expérience de lecture.


https://jonathanfrances.files.wordpress.com/2013/11/gracebrig.jpg


Extraits:
- "Elle a décidé de faire plus que son âge. Cette décision correspond à un projet global." (p.20)
- "Joanne ne l'a pas rappelée la veille au soir. Maria Cristina ne lui en veut pas. Elles entretiennent une amitié un peu oublieuse." (p.37)
- "Marguerite n'était tout de même pas tombée de la dernière pluie, et si elle n'avait pas beaucoup d'expérience dans la vie elle avait en revanche de belles intuitions paranoïaques." (p.73)
- "Cette dernière passion, ça ne faisait pas un pli, l'entraînerait loin de Lapérouse, puisque les livres servent, comme on le sait, à s'émanciper des familles asphyxiantes." (p.84)
- "Elle essaie tout le temps de paraître décontractée ou désinvolte. Elle pense qu'en contraignant sa nature elle finira par devenir réellement une personne décontractée et désinvolte." (p.207)


jeudi 11 juin 2015

Le diable de Radcliffe Hall de Stéphanie des Horts

Quel livre inutile et insipide! S'il y a un roman dont j'aurai pu me passer cette année, c'est bien Le Diable de Radcliffe Hall (Naissance ne compte pas car je l'ai commencé en 2014). Encore une preuve que les journalistes ne lisent pas tous les livres qui leur sont envoyés avant d'en publier la critique, et je me suis faite avoir!

Une jeune héritière américaine de 20 ans décide de se trouver un mari en Angleterre et se lie "d'amitié" avec une famille anglaise, les Radcliffe. On alterne des chapitres en 1953, son année en Angleterre, avec des chapitres en 1941 quand elle avait 9 ans (ces derniers sont écrits du point de vue d'une enfant, donc avec une façon de s'exprimer puérile - très désagréable à lire). Tous les personnages sont exécrables et superficiels; ils s'expriment de façon vulgaire et péremptoire.

Je n'ai pas réussi à m'intéresser à l'histoire et l'ai lue en 2 jours pour m'en débarrasser au plus vite ; de toute façon c'était écrit gros et ce n'était pas long (heureusement). Roman totalement inintéressant, ce qui fait que je n'ai même pas retenu de citations.


http://www.albin-michel.fr/multimedia/Article/Image/2012/9782226238511-j.jpg


jeudi 4 juin 2015

Féroces // The end of the world as we know it de//by Robert Goolrick

En fait, ce n'était pas Féroces de Robert Goolrick que je voulais emprunter mais soit Arrive un vagabond, soit La chute des princes. Ne les trouvant pas dans ma bibliothèque de quartier, j'ai pris un livre du même auteur. Je ne vous cache pas que je ne savais absolument pas dans quoi je m'engageais!

Au dos du livre, le résumé évoque la famille Goolrick (moment blonde: je ne me suis même pas aperçue que c'était un roman autobiographique - alors que c'est le nom de l'auteur, jusqu'à ce que je fasse des recherches après l'avoir lu...) qui en apparence était bien sous tous rapports, mais recelait bien des secrets.

Dans des allers-retours incessants entre le présent et le passé, l'auteur commence à parler de sa famille et distille au compte-gouttes des informations de plus en plus dramatiques qui finissent par exploser aux 2/3 du livre à travers la révélation d'un terrible secret - qui explique les problèmes (euphémisme) rencontrés et décrits par l'auteur. Et je peux vous dire que la manière dont ce secret est détaillé (violente et pornographique) m'a bien éloignée de mes romans de chick lit ou autre polar faciles à lire.

Le détachement, la distance que met l'auteur en réussissant à parsemer son roman de quelques touches d'humour nous mettent également mal à l'aise face à la gravité de ce qui lui est arrivé et des conséquences que cela a ensuite eu sur sa vie. Étrangement, l'auteur ne ressent pas de colère face à ce drame, l'acte qu'il a subi semble avoir été finalement partie intégrante de sa vie, non remis en cause (mentalité du sud des Etats-Unis?), un peu comme si "ce qui est fait, est fait, pas la peine de lutter" ; même si finalement cela explique son comportement à plusieurs reprises, notamment envers lui-même. Ce qui est plutôt dérangeant est le ton adopté et le point de vue si détaché, tellement en opposition avec toutes les histoires que l'on peut lire ou voir sur le sujet.

Je suis sortie de ce lire terriblement secouée et, comme j'ai vu ensuite que c'était autobiographique, plutôt triste pour l'auteur tout en me disant que la violence se trouve ainsi partout, même dans les familles les plus respectables en apparence.

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Actually, it wasn't The end of the world as we know it that I wanted to borrow, but either Heading out to wonderful or The fall of princes. Since I did not find them at my local public library, I settled for a book from the same author. I won't lie when I tell you I had no idea what I was getting myself into!

The back of the book summarizes the Goolrick family (my latest "blond" moment: not realizing the book was autobiographical even though the name of the family is the name of the author...) as a perfect and well-integrated  family, but who under all its appearances is quite full of secrets.

Through constant round-trips between past and present, the author starts talking about his family and distills drops of information which become increasingly dramatic until these drops explode into the revelation of a terrible secret - which explains the troubles met and mentionned by the author earlier in the book.  And I can tell you that the way this secret is revealed (with violent and pornographic details) sent me far away from my usual chick lit and mystery "easy-to-read" novels.

The detachment and distance reached by the writer through sprinkles of humour make us very ill at ease considering the seriousness of what happened to him and the consequences he had to deal with in his life. Strangely, the author does not seem angry with this act, it seems to have been integrated to his life and not questioned (is this because of the American Southern mentality - the family lives in Virginia?), kind of like "what's done is done, no need to fight it"; even though it can explain multiple times his behavior, particularly towards himself. What is quite unsettling is the tone and the point of view he adopted, which are in complete contradiction to every story one can read or see on the subject.

I finished this book dreadfully shaken and, since I saw afterwards it was autobiographical, kind of sad for the author, while realizing that violence is indeed everywhere, even in the best of homes.


http://www.babelio.com/couv/9782843375798.jpg


Citations:
- "C'est drôle ce que l'on se rappelle, quand on considère tout ce que l'on oublie. On se rappelle les évènements dans le désordre et pour la plupart, on est incapable de leur attribuer une valeur en soi." (p.93)
- "Quand on est à l'asile, on ressent le besoin de se justifier. On ressent le besoin de prouver que l'on a de vraies raisons de se trouver là, et l'on a tendance à dire n'importe quoi pour ne pas être mis à la porte. C'est dire à quel point on est heureux d'être enfermé." (p.106)
- "Je crois que le baiser est ce qui nous distingue des animaux et nous rend divins." (p.130)
- "Nous avons tendance à rester attachés aux objets qu'aimaient ceux qui nous ont aimés." (p.241)


jeudi 28 mai 2015

Il de Derek Van Arman // Just killing time by Derek Van Arman

En 2013, lorsque la traduction de Just Killing Time (devenue "Il" dans la version française) a été publiée en France, je l'ai tout de suite repéré dans les différents magazines que je lis. C'est avec grand enthousiasme que j'ai découpé la référence (par 2 fois!)((mémoire de poisson rouge))(((cohérente dans mes intérêts))) et l'ai collée dans un de mes cahiers de choses. Puis je l'ai mis dans un coin de ma tête priorisant d'autres livres que l'on m'avait offerts ou prêtés, en me disant que je le lirai en anglais un jour, jusqu'à ce que je le vois à la bibliothèque de mon quartier. Je me suis dit que c'était un signe et l'ai emprunté immédiatement.

Dans Il, une équipe de policiers/FBI/CIA enquêtent sur des enlèvements et meurtres en série. Il pourrait ne rien avoir d'extraordinaire jusque là, mais en sortant en 1992, le livre a fait grand bruit de par le réalisme et les détails incorporés dans le roman sur les méthodes d'enquête et la psychologie des tueurs; à tel point que l'auteur a été mis en examen par le FBI afin de révéler ses sources.

Dès le début du livre, nous sommes confrontés à une foultitude de personnages et d'histoires qui semblent indépendantes les unes des autres. Mais tout ceci n'est qu'apparence car au final tout se recoupe et c'est quelque chose que j'apprécie particulièrement dans un roman. Cependant, avec le recul, quelques personnages m'ont apparus un peu cliché: l'agent proche de la retraite en proie à ses vieux démons, le flic à l'état brut qui en a vu des vertes et des pas mûres pendant la guerre du Vietnam, la jeune mère célibataire belle et sans défense...

Ce polar a sûrement été à l'avant-garde de la littérature policière en 1992, et a sans aucun doute surfé sur la vague du Silence des agneaux (sorti en 1991) même s'il a dû être commencé bien avant. Cependant, j'ai été légèrement déçue. Étant donné les critiques dithyrambiques, je m'attendais à quelque chose de spectaculaire. Mais regardant Les Experts depuis 15 saisons, Esprits Criminels depuis 10 saisons, il est évident que j'ai été moins impressionnée que ne l'ont été les lecteurs en1992. Les tueurs en série et autres criminels sont désormais un sujet largement traité dans la littérature, le cinéma et la télévision. D'ailleurs, certains passages du livre font penser à la méthode d'immersion utilisée par Will Graham dans la série Hannibal.

Au final, j'ai trouvé que c'était un bon polar, plutôt prenant (un midi j'ai même préféré rester dans mon bureau à lire au lieu de descendre déjeuner avec mes collègues!), même s'il n'est de toute évidence plus aussi révolutionnaire qu'à sa sortie américaine.

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In 2013, when Just Killing Time was published in France, I immediately noticed it in the magazines that I read. Highly enthousiastic, I cut the reference (twice!)((hello goldfish memory))(((at least I am consistent in my interests))) and I pasted them in my "notebooks of interests". Then I put it in a corner of my head and prioritized other books that were offered or lent to me, while thinking I would read it in English, until I saw it in my neighborhood's public library. I interpreted it as a sign and immediately borrowed it.

In Just Killing Time, a team of agents (from the police, FBI, CIA etc.) investigates on kidnappings and serial killings. It could be an ordinary mystery but when published in 1992, this book got quite a buzz through its real depictions and extreme details of investigation methods and killers' psychology. The novel was actually so precise that the author got arrested and investigated himself by the FBI in order for him to reveal his informants.

As soon as the book starts, we encounter heaps of characters and stories which appear independant from one another. Yet, as the story unfolds, every one of them intersects with each other and makes sense - which is something I really like in a book. However, with some perspective, some characters sounded quite cliché: the near-retired agent who has to deal with old enemies, the tough-and-almost-rogue cop who saw it all during the Vietnam war, the helpless and beautiful young single mother...

This novel was for sure very modern for the mystery litterature of the time and profited without a doubt from the release of Silence of the Lambs (1991), even though it must have been written before the release. However, I was a bit disappointed. Considering the laudatory critics, I was expecting something spectacular. But since I watched 15 seasons of CSI and 10 of Criminal Minds, it is clear I was less impressed than the readers from 1992. Serial killers and other criminals have been delt extensively in litterature, movies and tv shows. Some parts of the book reminded me of the emotional immersion method used by Will Graham in the Hannibal tv show.

In the end, I found it was a pretty good mystery novel, quite gripping (I even stayed in my office one day to keep reading instead of going to have lunch with some colleagues!)((bookworm alert)), even if it is obviously not as revolutionnary as it was in 1992.


http://www.sonatine-editions.fr/base/livres/Il%5BMidRes%5D.jpg

Citations:
- "Sans les sensations, tout est dénué de signification, sauf sur le plan purement intellectuel. [...] Sans émotions, rien ne compte et tout devient possible." (p. 39)
- "La bouche est de la largeur des huit dents de devant. Si les dents sont manquantes, il faut les aligner sur le centre des orbites et les points les plus écartés du menton. Le nez est environ deux fois plus long que l'arête nasale; les oreilles font à peu près la taille du nez." (p.127)


jeudi 21 mai 2015

Is everyone hanging out without me? de/by Mindy Kaling

J'ai une certaine passion pour Mindy Kaling (et par "passion" je veux dire que je regarde sa sérier, la suis sur Twitter, Instagram et je viens de lire son livre... ok, à ce stade, on peut commencer à parler d'obsession).

Mindy Kaling n'est pas très connue en France mais, regardant pléthore de séries américaines, je l'ai découverte dans The Office puis ai enchaîné avec The Mindy Project (série qui vient d'être annulée après 3 saisons mais sera peut-être reprise sur Hulu). Son personnage dans The Mindy Project est moi en pire en terme d'égocentrisme (j'en ai déjà parlé). Bref, si cette série ne survit pas, qui va me servir de mentor???

Son personnage de Mindy Lahiri est juste mon idole: "Shopping is my cardio // It' so weird being my own role model // Sometimes you just have to put on lipgloss and pretend to be psyched // I am a hot, smart woman, with an ass that doesn't quit // If I'm going to be a mess, I might as well be a hot mess // I have the right to life, liberty and chicken wings."

En allant à Barnes & Noble l'été dernier aux Etats-Unis, je suis tombée sur son livre Is everyone hanging out without me? (and other concerns), et donc évidemment, je l'ai acheté! Elle y raconte avec beaucoup d'humour son enfance jusqu'à son arrivée à Hollywood. C'est drôle, plein de sentiments et d'auto-dérision! Bien sûr, comme c'est une autobiographie, si vous ne connaissez pas ou ne vous intéressez pas à Mindy Kaling, pas la peine de lire ce livre. Mon avis est de toute évidence extrêmement subjectif!

N.B.: ce trésor de livre n'est pas traduit en français [insérer une grimace triste].

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I have quite a passion for Mindy Kaling. I say "passion" because I think the fact that I am following her on Twitter, Instagram, watch religiously her TV show and have now read her book goes well beyond a simple "girl-crush". Heck, we may as well talk about "obsession".

Mindy Kaling is not very well know in France, but since I watch a lot of American TV shows, I discovered her in The Office and then started watching The Mindy Project. Her character in The Mindy Project is basically me in worst on the self-centeredness level. But the TV show got cancelled (unless...Hulu?) so who will be my mentor?

The character of Mindy Lahiri is pretty much my idol: "Shopping is my cardio // It' so weird being my own role model // Sometimes you just have to put on lipgloss and pretend to be psyched // I am a hot, smart woman, with an ass that doesn't quit // If I'm going to be a mess, I might as well be a hot mess // I have the right to life, liberty and chicken wings."

Last summer at Barnes & Noble,I saw her book Is everyone hanging out without me? (and other concerns), and it was an evidence: I had to buy it! She talks about her childhood until her arrival in Hollywood with a lot of humor. It is very funny, full of feelings and self-mockery. Of course, since it is autobiographical, if you do not know or care about Mindy Kaling, reading this book is not worth it. My own opinion is quite biased for this one!



http://smithsonianapa.org/bookdragon/wp-content/uploads/sites/10/2014/11/Is-Everyone-Hanging-Out-Without-Me.jpg


Citations // Quotes (j'aurais pu vous réécrire tout le livre // I could have quoted the whole book):

- "One friend with whom you have a lot in common is better than three with whom you struggle to find things to talk about" (p.43)

- "It was populated mostly by middle-aged lesbian couples who had taken on the noble challenge of gentrifying the neighborhood." (p.52)

- "It was October 2001 and I lived in New York City. I was twenty-two. I, like many of my female friends, suffered from a strange combination of post 9/11 anxiety and height-of-Sex-and-the-City anxiety." (p.66)

- "This was the height of Bennifer. [...] I think it's also easy to forget that Bennifer created the trend of blended celebrity couple name. Without it we wouldn't have Brangelina or Tomkat, or even the less used Jabrobra (James Brolin and Barbara Streisand)." (p.86)

- "Everyone has a momentwhen they discover they love Amy Poehler." (p.130)

- "My mom and I went to go see The Help, and during the movie I noticed her starting tearing up. It was such a rare sight, I started to as well. Soon we were both weeping so hard it was as though we'd been black maids in Jim Crow-era Mississippi and the movie had hit too close to home. People were weirded out." (p.172)